samedi 1 mars 2014

J'ai "peur" de tout ce que j'aime - Je souffre par tout ce qui m'attache



Vendredi matin  [26 octobre 1962]

[...] C'est mon habitude d'« engager le plus intime de moi» 
en toutes choses et il est vrai qu'il y a des « gens peu faits
 pour l'accueillir» et qui même le repoussent! Mais je ne 
sais pas être parcimonieuse...[...] 
                                                                                          Lettres à L'Amant - Tome I 



                                                                               

Mercredi matin [31 octobre 1962]



[...] -Croyez-vous que je ne sache pas ce qu'a 
 d'extraordinaire, de merveilleux, cette confiance avec laquelle vous me parlez? Croyez-vous que je n'en sois pas souvent émue jusqu'aux larmes? Seulement mon amour irrité m'emplit de colère et d'angoisse parfois, et  j'ai alors «peur» de tout ce que j'aime, parce que je sais maintenant qu'« il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur »1 -et que je souffre par toutes mes racines. (Et aussi bien par le goût du petit matin ou la lueur d'une étoile -Par tout ce qui m'attache.) Ce qui est 
« irrémédiable », à vrai dire, c'est ma naissance au monde. -Le paradis perdu...[...]

   1 : Aragon                                                                  
                                                                                      Lettres à L'Amant - Tome I


                                                    

jeudi 27 février 2014

Jardin du Luxembourg - Paris






10 Septembre 1961

J'ai découvert Paris…Pouvez-vous imaginer mon émerveillement au premier matin, lorsque j'ai traversé le Luxembourg encore désert mais déjà bruissant de feuilles envolées et pépiant de moineaux familiers se posant « sur les épaules des blanches statues»? Je suis revenue là chaque jour, à l'heure où Paris s'éveille, m'asseoir sous les frondaisons, me récréant à la contemplation des fleurs dont je ne savais pas le nom. Puis je partais, un peu à l'aventure, et laissant au hasard le soin d'une rencontre avec l'authentique Paris, qui me surprenait au détour d'une rue, et me touchait au cœur.

                                                                                                               Lettres à L'Amant - Tome I

 

vendredi 14 février 2014

Libre arbitre


                            
[...] Toute limite imposée n’inspire-t-elle pas le désir d’aller au delà ? Les souffrances les plus vives ne viennent-elles pas du libre arbitre contrarié ?
                                                                      Extrait de "La comédie humaine" Honoré de Balzac



"Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs." Nelson Mandela


samedi 8 février 2014

J'écris pour me tenir tête...


                                                                                 


"Ecrire est une manière de raviver le passé, mais les mots ne nous sont donnés que parcimonieusement au terme d'une attente méritoire... On échange toute sa vie contre des fragments imparfaits d'histoire, on ne retrouve pas le temps perdu... Je n'ai que le désir de vivre quand il en est temps et je sais que ce temps est bref...

                                                                                                                      Mireille Sorgue


dimanche 2 février 2014

"...En t'évoquant je me fais exister" Jacques de Bourbon Busset






« Je ne peux plus tenir entre mes mains ton visage mais ton regard donne un sens au théâtre où mon ombre s'agite. Je m'arrange pour citer ton nom et tout prend forme et densité. En t'évoquant je me fais exister. Grâce à toi, mon centre est ailleurs qu'en moi. C'était vrai, toi vivante. C'est encore vrai, toi morte ».

                                                                      Jacques de Bourbon Busset - « l'Absolu vécu à deux »

dimanche 26 janvier 2014

Je veux dire ta main






Je veux dire ta main sous laquelle je m’éveille au désir, au plaisir.
Ta main si lente à me séduire. 
Si sagement, si savoureusement lente. Je veux dire ces
prémices plus émouvantes que celles du jour ou de l’avril: 
quand chancellent les verticales; quand toute flamme se couche, s’allonge, comme celle bleue de nos veines.
Quand j’attends que tu me touches comme folle que sonne l’heure.

Mireille Sorgue, L’Amant.